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MOBILITE : Mobilisation contre la nouvelle réglementation en matière de sièges-autos
« Entre le zèle et le pragmatisme, la Suisse devra choisir. » Interpellé par les réactions courroucées de nombreux citoyens face à la nouvelle réglementation en matière de sièges pour enfants, Christophe Darbellay monte au créneau.
Le président du PDC exige un rendez-vous avec le conseiller fédéral en charge des transports, Moritz Leuenberger. S’il l’obtient, il s’y rendra en compagnie de familles mécontentes de ces nouvelles normes - qui imposent un dispositif de retenue jusqu’à 12ans, au lieu de sept précédemment.
« Quand je repense à comment nos parents nous transportaient à l’époque où nous nous déplacions avec mes quatre frères dans une Peugeot 504, il y a certes un progrès, mais il y a aussi des limites imposées par le bon sens. » Christophe Darbellay dénonce des contradictions provenant toujours du même département, « celui de Moritz Leuenberger. Nous lui demanderons directement quelles sont les marges d’interprétation de la prétendue « norme européenne ». Je la mets entre guillemets, car l’UE n’a pas de réglementation unique à ce sujet, mais bien des normes par pays. »
Alors que la pétition lancée par l’association Mobilitant.org a récolté quelque 2300signatures à ce jour, le conseiller national Carlo Sommaruga déposera, lui, une initiative sur les sièges pour enfants lors de la session parlementaire qui débute demain.
Le texte du socialiste genevois vise à exonérer les taxis de l’obligation de fournir un dispositif de retenue pour tout enfant voyageant dans un périmètre urbain, où « les risques d’accident sont moindres », selon Carlo Sommaruga, qui se réfère également aux transports publics.
Refus des chauffeurs de taxi
D’après le Conseil fédéral, qui a répondu à une première interpellation déposée par le socialiste l’an dernier, il n’y a pas eu ces dernières années d’accidents de taxi impliquant des enfants passagers blessés ou tués. Carlo Sommaruga souligne qu’au niveau européen une directive permet aux Etats membres de ne pas exiger que les enfants soient retenus par un dispositif lorsqu’ils voyagent en taxi, contrairement aux véhicules privés. La France, l’Italie, la Grande-Bretagne, la Belgique, l’Espagne et l’Autriche appliqueraient cette dérogation.
Père de deux petites filles de 18mois et 4ans, Carlo Sommaruga a renoncé à la voiture il y a dix ans : « J’ai dû faire face à plusieurs reprises au refus des chauffeurs de me prendre en charge avec mes enfants, faute de sièges appropriés. » Des refus qui ne seront qu’exacerbés par la nouvelle réglementation. « Il est exclu pour nous de proposer des sièges de trois tailles différentes pour s’adapter à tous les cas de figure », avertit Patrick Herren, de la coopérative Taxiphone, à Lausanne. Résultat : ce sera aux parents de se promener avec leur siège ou leur rehausseur en vue d’un trajet en taxi. Mais que faire lorsqu’on est touriste et que l’on débarque à l’aéroport de Genève ? « Certaines compagnies alémaniques retournent chercher des sièges à la centrale, et c’est au client de payer pour ce trajet supplémentaire, explique Pierre Jenni, directeur de la compagnie Taxi-Phone, à Genève. Mais ce dernier n’est souvent pas d’accord avec ce procédé. »
Camille Krafft
