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SAUVETAGE D’UBS : Pour ou contre la commission d’enquête, le débat PS-PLR !
La libérale-radicale vaudoise Isabelle Moret est contre une commission d’enquête parlementaire (CEP). Le socialiste genevois Carlo Sommaruga l’exige avec force. Débat à chaud, dans l’antichambre du Conseil national.
Que pourrait amener cet instrument ?
Isabelle Moret : Rien de plus que la Commission de gestion. Une CEP analysera le comportement des pompiers – le Conseil fédéral – mais n’aura pas les moyens d’enquêter sur les incendiaires : les anciens dirigeants d’UBS. La question de la plainte civile appartient à la direction d’UBS. Elle devrait en déposer une pour respecter la volonté de certains actionnaires et comme une réponse au ras-le-bol des citoyens. Si elle s’y refuse, la Confédération doit le faire, via sa caisse de pension Publica.
Carlo Sommaruga : La CEP permettrait, par le biais d’un juge d’instruction, de mener des auditions et des investigations de manière plus « judiciaire ». On pourrait alors chercher des éléments précis : la direction d’UBS connaissait-elle les pratiques frauduleuses ? C’est risible d’entendre le PLR s’insurger contre le comportement irresponsable d’UBS et s’arranger pour ne rien entreprendre.
On en revient à UBS et à la nature de ses relations avec les autorités.
I. M. : Le président de la FINMA, Eugen Haltiner, est un ancien d’UBS. Mais il a dû se récuser à un moment de la crise, et cela a posé des problèmes à la FINMA (ndlr : autorité de surveillance des marchés financiers). Pas plus que les autorités de surveillance des autres pays, la FINMA n’a détecté assez tôt les dérèglements des marchés financiers. Mais la Suisse, dont l’économie dépend beaucoup de sa place bancaire, doit se doter d’une surveillance plus performante.
C. S. : Je partage le constat des dysfonctionnements. Mais il est essentiel de revenir sur les mécanismes de la FINMA, sur son impossible objectivité, sur le Filz (ndlr : connexions entre milieux financiers et le PLR) ! Il ne suffit pas que la FINMA vienne faire son autocritique et reparte… Sinon, demain, nous pourrions nous retrouver dans la même situation.
I. M. : Peut-on exiger du chef de la FINMA qu’il n’ait jamais travaillé ni à UBS ni au Credit Suisse ? Peut-on s’assurer de sa compétence s’il ne connaît pas le fonctionnement des grandes banques ? C’est une question politique et non d’investigation. C’est bien ce soupçon qui pourrit la situation depuis le début.
C. S. : Je constate simplement que le directeur de la Banque nationale suisse (BNS), Philipp Hildebrand, a su, lui, garder une indépendance totale. Et qu’il ne provient pas de l’une des deux grandes banques. Je constate que la FINMA n’a pas réellement cherché des gens connus pour leur indépendance d’esprit. Résultat : on aboutit au sauvetage obligatoire d’UBS en violation de plusieurs règles.
Alors, CEP ou mise en œuvre rapide des 19 recommandations du rapport de gestion ?
C. S. : Les deux. Certaines recommandations peuvent être traitées immédiatement. Mais une CEP permettra de creuser. Deux points sont primordiaux : faire toute la lumière sur le rôle de la FINMA et savoir quelle connaissance avait la direction d’UBS des agissements frauduleux de ses banquiers.
I. M. : J’estime que les recommandations de la Commission de gestion doivent être accompagnées et rapidement mises en œuvre. Sinon, aussi bien la FINMA que le Conseil fédéral auront beau jeu de camper sur leurs positions et de prétexter qu’ils attendent les conclusions finales de cette nouvelle enquête !
Xavier Alonso
