Face à l’imposture du capitalisme,
il est temps de construire ensemble un autre monde juste et solidaire.
INTEGRATION : L’après 24 septembre ? Maintenir le cap, rassurer la population et évincer les manipulateurs

Ce 24 septembre 2006, près de deux tiers des citoyennes et citoyens suisses ont voté en faveur des lois sur les étrangers et l’asile. L’acceptation de ces lois injustes, inhumaines et contraires au droit international n’est pas une surprise Même pour celles et ceux qui se sont battus pour leur rejet, espérant ébranler les consciences de ce pays. La déception est grande, mais le découragement n’est toutefois pas de mise.
Depuis la fin des années 60, les socialistes se sont engagés contre toutes les initiatives xénophobes. Rappelez-vous, les initiatives « contre la pénétration étrangère » en 1970, « contre l’emprise étrangère » en 1972, « contre le surpeuplement de la Suisse » en 1974, à nouveau « contre l’emprise étrangère » et « pour la limitation du nombre annuel des naturalisations » en 1977, « contre l’immigration clandestine » en 1993, « pour une réglementation de l’immigration (18%) » en 2000, « sur la naturalisation des étrangers de la deuxième et de la troisième génération » en 2004.
Notre combat n’a pas été uniquement défensif. Il a aussi été marqué par notre engagement en faveur de l’initiative « Etre solidaires - en faveur d’une nouvelle politique à l’égard des étrangers » en 1981. Il est vrai que la route a été parsemée de succès, mais aussi d’échecs cuisants et douloureux. Malgré cela nos convictions n’ont jamais cédé.
Face aux peurs exprimées par les votes du 24 septembre, il nous faut rassurer. Cela passe clairement par la défense de l’emploi, l’accès au logement bon marché, une sécurité sociale solide, un cadre de vie de qualité et la lutte contre le sentiment d’insécurité. Il nous faut inlassablement détailler les faits, souvent complexes, et faire œuvre de pédagogie politique afin d’apaiser les craintes. Mais surtout, il faut combattre l’instrumentalisations de ces peurs et les contre-vérités qui les attisent. C’est jour après jour que nous devons nous y appliquer.
Il faut être lucide, la reconquête des esprits passe aussi par la dénonciation systématique et la mise au ban politique des auteurs de ces instrumentalisations et de ces mensonges, tout particulièrement lorsqu’ils siègent au Conseil fédéral. Les valeurs de démocratie, de respects de chaque individu et de solidarité sociale ne sauraient souffrir plus longtemps la présence de ce genre de personnage au sein de notre gouvernement.
Carlo Sommaruga
Conseiller national
